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Toulouse Mag, le 29.03.11

Service civique : Agitateurs de citoyenneté

 

 

S’investir dans la communauté. Simon, 22 ans, y songeait. Il voulait être sapeur-pompier. Un concours manqué, le suivant annulé. Simon rate son bac, arrête ses études et bosse un temps dans la grande distribution. Il ne s’y épanouit pas. En février 2010, il décide de devenir bénévole. Il est accueilli par une association étudiante et fait du soutien scolaire pendant six mois. Une révélation, même si l’expérience lui laisse un goût d’inachevé. Il sollicite la Ligue de l’enseignement et débute, en octobre dernier, une mission de service civique à La Maison du Vélo. 24 heures par semaine pendant neuf mois. « Je sensibilise les scolaires à la pratique du vélo en ville », explique-t-il.

A chacun son histoire. Jihan, Marocaine de 25 ans, est venue étudier la finance à Toulouse. Elle a mis ses études entre parenthèses pendant un an pour rejoindre l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville). « Je voulais m’investir auprès des gens, retrouver ma part d’humanité, souffle-t-elle. Dans la finance, on voit les autres comme des clients, on les juge sur ce qu’ils vont nous apporter. » A l’Afev, Jihan participe à l’organisation de la Journée mondiale de la jeunesse solidaire et travaille avec de jeunes scolaires à Bellefontaine.

Charlotte, 23 ans, a elle aussi marqué une pause dans ses études. Depuis janvier, elle rencontre des familles défavorisées pour les aider à réduire leur consommation d’énergie dans le cadre du projet Mediaterre. « On réfléchit aux gestes écologiques à mettre en place pour protéger l’environnement et diminuer leurs dépenses », explique-t-elle. 35 heures par semaine, 540 euros d’indemnisation par mois. Charlotte a un agenda bien rempli mais elle ne pouvait guère rêver mieux. En master d’économie sociale et solidaire, son travail de mémoire porte sur l’autonomie des publics en difficulté.

Il y a six mois, Benoît patinait dans le monde du travail. A 24 ans, le jeune homme dispose d’un BTS audiovisuel, d’une licence en arts du spectacle et d’une formation de clown. « Après avoir accumulé les projets et galéré pendant un an, je voulais me poser, explique-t-il. Mais plutôt que de prendre un boulot alimentaire, je voulais lui donner du sens. » Aujourd’hui, il s’entretient avec des personnes âgées pour retranscrire leur récit de vie. C’est un passeur de mémoire.

Et après ? La question revient, inéluctablement. Car le dispositif reste pour l’instant un épisode dans la vie de ces jeunes. « Je ne sais pas s’ils s’engageront dans les associations où ils sont volontaires. Mais ils ne sortiront pas indemnes de cette aventure. Ils inventeront leur propre forme d’engagement associatif et citoyen », estime Myriam Valton, responsable des 80 volontaires en service civique avec la Ligue de l’enseignement.

Un an après sa création en mars 2010, le service civique a permis à 191 jeunes de s’engager dans une mission d’intérêt général de plusieurs mois dans une association, une ONG ou une collectivité locale en Haute-Garonne. S’adressant aux 16-25 ans, ce dispositif de volontariat a remplacé le confidentiel service civil volontaire lancé après les émeutes de 2005.

A Toulouse, le groupe des engagés volontaires compte presque autant de garçons (44%) que de filles (56%). Ces jeunes gens sont étudiants (43%) mais aussi demandeurs d’emploi (33%), salariés (7%) et inactifs (16%). Point commun : ils sont attirés par les thèmes de la solidarité (19%), de l’éducation (21%) et de l’environnement (17%). Moyenne d’âge : 23 ans. 26% ont un niveau bac, 58% un niveau supérieur et 16% un niveau inférieur.

redaction(at)depechemag(.)com

Mode d’emploi

Le service civique est ouvert à tous ceux qui souhaitent s’investir dans des missions utiles à la société dans des associations, ONG et collectivités locales. Il n’y a pas de tranches d’âges en théorie. Mais seuls les 16-25 ans touchent une indemnisation, versée par l’Etat et allant de 540 à 640 euros par mois. La durée minimale hebdomadaire est de 24 heures. L’engagement varie, lui, de 6 à 12 mois, et de 6 à 24 mois pour les plus de 25 ans. En Haute-Garonne, 35 organismes sont agréés par l’Etat pour accompagner des jeunes en service civique.

www.service-civique.gouv.fr

 

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